Société, culture et politique dans la France du XIXe siècle

Histoire · 4e

L’essentiel

VOTER DE 1815 À 1870. Après la chute de Napoléon, la monarchie est restaurée (1815). Sous la RESTAURATION (Louis XVIII, Charles X) puis la MONARCHIE DE JUILLET (Louis-Philippe, 1830-1848), le suffrage est CENSITAIRE : seuls les hommes qui paient un impôt élevé, le cens, peuvent voter. Ils sont moins de 250 000 sur plus de 30 millions de Français. En février 1848, une révolution renverse Louis-Philippe et proclame la Deuxième République, qui instaure le SUFFRAGE UNIVERSEL MASCULIN (mars 1848) : tous les hommes de plus de 21 ans votent, soit près de 9 millions d'électeurs. Mais en décembre 1851, le président élu Louis-Napoléon Bonaparte fait un coup d'État et devient l'empereur Napoléon III (SECOND EMPIRE, 1852-1870). Il conserve le suffrage universel mais le contrôle : plébiscites où l'on répond oui ou non, candidats officiels soutenus par l'administration, presse surveillée. Voter, c'est aussi apprendre à voter : la campagne, l'isoloir (1913 seulement), le dépouillement, tout cela se construit lentement.

LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE. La défaite contre la Prusse à Sedan entraîne la proclamation de la République le 4 septembre 1870. Après l'écrasement de la Commune de Paris (1871) et des années d'hésitation, les lois constitutionnelles de 1875 fixent le régime : une Chambre des députés élue au suffrage universel masculin, un Sénat, un président aux pouvoirs limités. Les républicains, au pouvoir à partir de 1879, veulent enraciner la République dans la société. Les LOIS FERRY (1881-1882) rendent l'école primaire gratuite, laïque et obligatoire de 6 à 13 ans : chaque village a son instituteur, les « hussards noirs de la République », qui apprennent aux enfants à lire, compter et aimer la patrie. La liberté de la presse (1881), la liberté syndicale (1884), le service militaire pour tous forment des citoyens. Les symboles s'imposent : la Marseillaise devient hymne national (1879), le 14 juillet fête nationale (1880), Marianne orne les mairies. La République traverse des crises graves : l'AFFAIRE DREYFUS (1894-1906), où un officier juif est condamné à tort pour trahison, divise la France entre ceux qui défendent la justice et la vérité et ceux qui placent l'armée au-dessus de tout. En 1905, la loi de SÉPARATION DES ÉGLISES ET DE L'ÉTAT fonde la laïcité : l'État ne reconnaît ni ne finance aucun culte, et garantit la liberté de conscience.

CONDITIONS FÉMININES DANS UNE SOCIÉTÉ EN MUTATION. Le Code civil de 1804 fait de la femme mariée une mineure juridique : elle doit obéissance à son mari, ne peut ni travailler, ni ouvrir un compte, ni signer un contrat sans son autorisation. Pourtant, les femmes travaillent massivement : ouvrières du textile, domestiques, paysannes, puis institutrices, employées de bureau et des postes à la fin du siècle. La République ouvre l'enseignement secondaire aux filles (loi Camille Sée, 1880) et crée des écoles normales d'institutrices. Des femmes revendiquent l'égalité : Hubertine Auclert réclame le droit de vote dès les années 1880, Marie Curie reçoit deux prix Nobel (1903, 1911) mais ne peut pas voter. Les femmes n'obtiendront le droit de vote qu'en 1944. Au XIXe siècle, la République est une république d'hommes.

Repères

DateÉvénement
1815-1848Monarchies censitaires : seuls les plus riches votent
Mars 1848Suffrage universel masculin
4 septembre 1870Proclamation de la Troisième République
1881-1882Lois Ferry : école gratuite, laïque et obligatoire
1894-1906Affaire Dreyfus
1905Séparation des Églises et de l’État
1944Droit de vote des femmes

Questions corrigées

1. Qu'est-ce que le suffrage censitaire ?

Réponse : Seuls les hommes qui paient un impôt élevé, le cens, peuvent voter

Sous la Restauration et la monarchie de Juillet, le droit de vote dépend de la richesse : moins de 250 000 électeurs pour plus de 30 millions de Français. Le pouvoir appartient aux notables.

2. Quand le suffrage universel masculin est-il instauré en France ?

Réponse : 1848

La Deuxième République l'instaure en mars 1848 : tous les hommes de plus de 21 ans. Les femmes attendront 1944. Le mot « universel » cache donc, pendant presque un siècle, l'exclusion de la moitié de la population.

3. Que décident les lois Ferry de 1881-1882 ?

Réponse : L'école primaire gratuite, laïque et obligatoire de 6 à 13 ans

Jules Ferry, ministre de l'Instruction publique, veut former des citoyens instruits et attachés à la République. L'école devient le lieu où l'on apprend à lire, mais aussi la morale civique et l'histoire nationale.

4. En quoi consiste l'affaire Dreyfus ?

Réponse : La condamnation injuste d'un officier juif pour trahison, qui divise la France pendant douze ans

Condamné en 1894 sur de faux documents, Alfred Dreyfus est défendu par Zola (« J'accuse », 1898) et les « dreyfusards ». Il est réhabilité en 1906. L'affaire révèle l'antisémitisme d'une partie de la société et pose la question : la justice d'abord, ou la raison d'État ?

5. Que fonde la loi de 1905 ?

Réponse : La laïcité : l'État ne reconnaît ni ne finance aucun culte, et garantit la liberté de conscience

« La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes. » L'État devient neutre en matière religieuse ; les Églises ne sont plus payées par lui.

6. Quel était le statut de la femme mariée selon le Code civil de 1804 ?

Réponse : Une mineure juridique : elle doit obéissance à son mari et ne peut agir sans son autorisation

Article 213 : « Le mari doit protection à sa femme, la femme obéissance à son mari. » La femme mariée ne peut ni travailler, ni gérer ses biens, ni signer un contrat sans autorisation. Ces règles ne disparaîtront totalement qu'au XXe siècle.

7. Qu'apporte la loi Camille Sée de 1880 ?

Réponse : La création de lycées pour les jeunes filles : l'enseignement secondaire s'ouvre aux filles

Jusque-là, les filles n'avaient pas accès au lycée. Les nouveaux lycées de jeunes filles, sans latin ni baccalauréat au départ, forment des futures mères instruites, selon l'idée du temps, mais ouvrent la voie aux études supérieures.

S’entraîner

Des exercices neufs à chaque séance, avec correction, sur l’application du 4e (elle fonctionne sans connexion).

Ouvrir cette notion dans le cahier de 4e

Dans la même matière